Mardi dernier, les prix Nobel sont venus à Uppsala pour des conférences: le plus attendu était El Baradei, prix nobel de la paix, dans le grand bâtiment de l'université. Je n'ai pas pu y aller, problèmes de vélo, comme d'habitude, et énorme coup de barre en plus.
En revanche, j'ai assisté aux deux conférences des prix Nobel d'économie (enfin, des prix d'économie à la mémoire de Nobel, puisqu'ils ont été créés récemment, longtemps après la mort d'Alfred Nobel), qui sont cette année Robert (Bob) Aumann et Thomas (Tom) Schelling, pour leur théorie sur les liens entre la théorie des jeux et la guerre en général, et l'équipement en armes de destruction massive d'un autre côté. Ca paraît un peu étrange, comme ça, mais c'est très simple en fait (même s'ils ont simplifié, pour nous) et vraiment intéressant.
La première "lecture" était celle de Bob Aumann. C'est un petit bonhomme assez âgé (ses travaux remontent aux années 50...), avec une grande barbe à la charlemagne, un costume trop grand et une kippa de travers (il est prof à l'université de Jerusalem), ce qui lui donne un air un peu paumé. Son niveau d'anglais doit approcher du mien (hum hum, c'est dire!). J'étais un peu sceptique, mais en fait il était génial!
Il a commencé son speech en disant (désolée, je vais mélanger le français et l'anglais, par flemme de traduire mes notes (oui, j'ai pris des notes...)) "I will talk about recycling, since we are all economits, it means that we are all interested in recycling... (inquiétude à son paraoxysme) so i will recycle the speech in made in stockholm"
"my lecture is called "war and peace"... i first wanted the literature price, so i dedicate that lecture to a man who looks like me (en montrant sa barbe blanche): Leon Tolstoï"
voila, en deux hrases, il a capté l'attention du public (composé principalement des profs et des étudiants eramsus d'enkomikum, environ 250 personnes)... et il a commencé à expliquer sa théorie, de façon très simple et très cocrète à la fois, plus porté géopolitique que économie en fait, avec en fond toujours l'exemple du moyen orient.
Sa question principale était "why does the homo economicus go to war?" et les liens entre la rationalité et la guerre. Selon lui, il n'est pas du tout contradictoire que des être rationels (la définition principale de l'homo economicus est qu'il est rationel, ce qui guide tous ces choix) veuillent faire la guerre. Si le choix de faire la guerre est rationel, il est possible d'agir sur cette décision (rapport avec la théorie des jeux) et de résoudre le problème. Puis vient le rôle des "incentives": selon Aumann, l'argent n'est pas la principale incentive. Il faut étudier les vraies "incentives" (désolée, je ne vois vraiment pas le mot en francais, je me "jean-claude-van-dammise" qui mènent à la guerre où permettent d'empêcher la guerre. Dans ce cadre, la course aux armements serait un bon moyen d'empêcher la guerre (exemple de la guerre froide), et il serait stupide d'empêcher à des pays de s'équiper d'armes de destruction massive, puisque c'est ce processus d'équipement qui permettrait de garantir la paix.
Je vais entrer plus dans les détails, même si je pense que ça ne va intéresser personne, à part peut être Samuel (qui connaît la théorie des jeux et, par habitude, comprend généralement ce que je raconte)... désolée pour les autres ;o).. Je mets la théorie en italique pour que vous puissiez la virer plus facilement (ma bonté me perdra)
Sa théorie est celle des "repeated games". Dans ce cadre où on considère le long terme et les relations continues plutôt que le court terme et une vision transactionnelle simple, de nouvelles notions sont à prendre en compte dans la théorie des jeux: coopération, menace, vengeance... La répétition rend possible la coopération (même si elle ne mène pas toujours à ca). Au final, par des jeux de menaces et de coopération, on arrive à des situations différentes de l'équilibre (au sens de Nash): il y a consensus. Ci-dessous le schéma, on sait jamais...
Pas sûre que ce soit très clair ;o) Idée suivante "enforcability of contracts enables cooperation", illsutré par une citation du Talmud "pray for the welfare of governmen, for wothout its authority, man would swallow man alive" Dans le cas de jeux répétés, la répétiotion (et la menace) joue le rôle du gouvernement, dont on a donc plus besoin pour établir des contrats. pour reprendre l'exemple précédent (schéma): à court terme (on ne joue qu'une fois), on arrive à l'équilibre (be tough, cooperate). A long terme (répétitions), rouge va menacer vert de le punir, vert va donc coopérer. roug va accpeter de coopérer SI vert coopère (sinon, punition). (cooperate, cooperate) devient donc un équilibre!
Mais cette théorie nécessite d'être patient et de raisonner à long terme (pour prendre l'aspect "menace / veangeance" en considération). Si vous voulez la paix MAINTENANT, vous ne pourrez pas l'avoir, ni maintenant, ni même après. En revanche, si vous acceptez d'attendre, vous l'aurez... et peut être même dès maintenant!
Je trouve cette théorie super intéressante, assez logique... mais surtout, je trouve ça amusant de lier la situation géopolitique à des théories économiques (même si initialement, l'économie, c'était ça... les rapports entre les hommes et tout ça. mais dans ma tête, c'est surtout devenu "comment faire de l'argent")
en conclusion, toujours sa thèse de la course aux armements comme garantie de la paix, avec une citation d'Isaiah (je sais jamais comment traduire en français), un des premiers "game theorists' ;o)
"You can have peace if you learn war"
La deuxième conférence (Tom Schelling, USA) était plus compliquée à comprendre, et beaucoup plus théorique. Je pense avoir compris grosso modo, mais je ne pourrais pas expliquer et pour le coup, même Samuel ne le lirait pas ;o)